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Communiqué du 25/11/11


Solidarité avec le peuple mahorais !

Depuis le 21 septembre, à l’appel des trois syndicats CGT Mayotte, CFDT et CFE-CGC, d’associations de consommateurs et du « collectif de citoyens perdus », un large mouvement de grève a été lancé à Mayotte pour protester contre la vie chère et réclamer ainsi la baisse des prix de produits de première nécessité tels que le gaz, les mabawas (ailes de poulet) et le riz. Si les revenus de la population sont très bas (SMIC local fixé à 85% du SMIC national), les prix sont en moyenne 30% plus élevés qu’en métropole ! Un tube de dentifrice coûte par exemple environ trois euros ! Mais le prix des aliments étant loin d’être le seul problème, ce mouvement révèle des grandes inégalités sociales entre la métropole et ce bout de terre de l’océan indien dit « 101e département français ».


Alors qu’une grande partie de la population métropolitaine de l’île a des revenus en moyenne cinq fois plus importants que les revenus locaux, la majorité du peuple mahorais vit en effet dans une extrême pauvreté. Sur une population d’environ 200 000 habitant-e-s, seules 30 000 personnes ont un emploi. De plus, dans ce contexte où le chômage bat son plein, les salaires sont en moyenne à 80% du salaire minimum en métropole et le salaire d’un-e travailleur-euse fait souvent vivre plus de six personnes alors que les aides sociales sont quasiment inexistantes. Le RSA par exemple, qui n’est toujours pas mis en place, est prévu pour 2012 à seulement 25% de celui en métropole soit à peine plus de 100 euros par mois ! Ainsi, la population a un niveau de vie cinq fois inférieur à celui des habitant-e-s de la métropole et un tiers de l'île se trouve exclu de fait puisque sans autorisation de séjour...Malgré les quelques élus locaux noirs qui servent d’alibi ethnique à la préfecture, l’exploitation du peuple au service des couches supérieures venues de la métropole (exploitant-e-s agricoles, hauts fonctionnaires, commerçant-e-s, etc.) révèle clairement que la structure sociale reste celle d’une colonie où le racisme est omniprésent. D’ailleurs, l’activité principale de l’Etat consiste dans une traque brutale des clandestin-e-s comorien-ne-s via la police aux frontières (PAF) qui effectue des rafles régulières dans les bidonvilles faisant plus de 26 000 expulsions en 2010 soit la moitié des expulsions de l’état français !


Pendant neuf semaines, les manifestations et les blocages économiques se sont multipliés. Ce mouvement, qui n’a cessé de prendre de l’ampleur, rappelle quelque peu celui qui a eu lieu aux Antilles en 2008 et en Guadeloupe en 2009. Face à ce soulèvement d’ampleur contre la misère, le gouvernement français et sa ministre de l’Outre-mer Marie-Luce Penchard ont chargé Denis Robin de stopper cette révolte, qui n’est autre que l’ancien préfet de Mayotte qui avait encouragé la population à seconder l’Etat dans sa chasse aux sans-papiers ! Ce conseiller de François Fillon aux affaires intérieures a transmis un accord aux différentes parties le mardi 9 novembre. La FSE dénonce les tentatives des directions syndicales d’enterrement du mouvement qui ne font qu’aller dans le sens de la négociation en annonçant d’abord un calendrier de négociation, produit par produit, puis en recevant ces miettes comme une véritable aubaine pour le peuple mahorais. Alors que la CFDT s’est vue ravie d’accueillir Denis Robin auquel tous reconnaissent « une capacité à négocier », FO s’est empressée de signer le 17 octobre durant la rencontre entre l’intersyndicale, le Medef et les élu-e-s de l’île, un accord grotesque sur une baisse d’environ 10% du prix de neuf produits. Malgré cela, une solidarité s’est mise en route et la convergence entre certains secteurs a permis de créer des ponts. Espérons que le peuple mahorais, fort de sa détermination et qui semble avoir été moins enthousiaste par cet accord que les directions syndicales sera trouver sa capacité à résister et à affronter l’impérialisme !


La FSE dénonce également la répression sanglante par l’armée coloniale française qui s’abat sur le peuple. Sans oublier les arrestations massives, les tirs de grenades lacrymogènes, les matraques, le 9 octobre, un garçon de 9 ans a été touché par un tir de flash-ball perdant ainsi l’usage d’un de ses yeux. Le 19 octobre à Mamoudzou, un homme de 39 ans paye de sa vie son combat contre le colonialisme français ! L’Etat français qui apparaît sous son vrai visage d’occupant, nous montre que comme toujours, les puissances impérialistes utilisent la violence militaire pour soumettre à leurs intérêts les peuples dominés lorsqu’ils s’opposent au système capitaliste. Le peuple mahorais n’a rien à attendre d’un Etat qui n’a jamais tenu ses engagements et dont la seule réponse est la répression !

La FSE condamne ce crime colonial et soutient la lutte du peuple mahorais, un combat juste qui rejoint ceux de tous les exploités !